Prétentieux? Moi?

<em>Tony Cartano</em>, de la maison d’édition Albin Michel, est sûr que le roman de notre rédacteur

Lorsque le fameux Ed Victor, l’agent littéraire le plus “people” de la planète, m’annonça à la Foire du Livre de Londres 2008 que le non-moins fameux Alastair Campbell allait publier un roman, ma première réaction fut une moue dubitative. Comme souvent, dans ces cas où une célébrité du monde politique, sportif ou du show business entend se mêler de ce qui ne la regarde pas: la littérature.

Écrire n’est pas une activité parallèle, oblique. Ni divan, ni peep show. On ne se lance pas dans un roman si l’on n’a pas au moins l’ambition d’être au centre des choses, quitte à ce que cette ambition aboutisse au pire des échecs. De la part de l’ex-directeur de la communication de Tony Blair, on pouvait s’attendre donc à quelques pirouettes verbales, à un exercice de style peut-être, voire à une fabrication où la mayonnaise aurait été montée selon des recettes éprouvées.

Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques semaines plus tard, me parvint le manuscrit de Tout est dans la tête (All in the Mind)! Dès les premières pages, ma circonspection fut ébranlée. Il y avait un ton, une voix. Et très vite, j’en fus réduit à tourner les pages avec un intérêt croissant. Avais-je affaire à un ovni ou une vraie réussite romanesque?

J’avoue qu’il m’a fallu aller jusqu’au bout, jusqu’au dénouement déconcertant, pour me convaincre qu’il y avait là un talent indéniable.

C’est pourquoi, aujourd’hui avec le recul, je comprends bien pourquoi ce livre a été accueilli en Angleterre de manière contrastée. Comment était-ce possible? Une tragicomédie du fond de l’âme écrite par un homme de pouvoir? Avec un sujet à désespérer quiconque: la dépression?

Et ce sont précisément les raisons pour lesquelles je suis convaincu que Tout est dans la tête sera un succès en France. Nous aimons tant les paradoxes!

“Tout est dans la tête” (Albin Michel) will be published in France next week